Une entreprise qui produit des voitures électriques est-elle automatiquement plus vertueuse qu’une entreprise qui extrait du charbon ? Beaucoup le pensent, mais la réalité des critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) est tellement floue qu’elle peut produire l’effet inverse. C’est ce que j’ai découvert personnellement lorsque j’étais en charge d’analyser ces mêmes critères ESG dans un family office. Ce que j’y ai vu dépasse largement les clichés que l’on lit dans les brochures marketing ou dans les communiqués des grandes banques.
Ce que vous allez lire ici n’est pas un plaidoyer anti‑écologie ou anti‑durabilité. C’est une mise en garde contre une industrie qui prospère sur des attentes sincères, mais qui, dans les faits, vend souvent du greenwashing bien plus que de la durabilité réelle.
ESG : un concept séduisant mais flou
Les critères ESG ont été imaginés comme un outil pour mesurer l’impact extra‑financier des entreprises sur l’environnement, la société et la gouvernance interne. L’idée est simple sur le papier : orienter le capital vers des acteurs responsables. Mais dès qu’on creuse, on se rend compte que ces critères sont d’une subjectivité remarquable.
Il existe des centaines de fournisseurs de notes ESG, chacun avec sa méthodologie différente. Deux agences peuvent donner des scores totalement divergents à une même entreprise. Wikipédia
Ces scores ne mesurent pas l’impact réel sur le climat ou la société : ils mesurent souvent des signaux visibles, comme la publication d’un rapport ou la présence d’un comité diversité. Wikipédia
Dans une étude académique récente, on montre que ces scores capturent surtout le comportement apparent d’une entreprise, pas sa performance réelle contre le changement climatique ou pour le bien‑être social. ScienceDirect
Quand Tesla peut être pire qu’un mineur de charbon
J’ai vu des cas où des entreprises très polluantes avaient des notes ESG plus élevées que des acteurs réellement tournés vers des technologies propres, simplement parce qu’elles avaient un meilleur reporting ou une structure de gouvernance plus “conforme” dans les yeux des agences.
Cela ne vous choque pas ? Imaginez une entreprise qui:
brûle des carburants fossiles,
a des litiges sociaux,
mais embauche une femme à un poste de direction et publie un rapport détaillé,
et qui se retrouve mieux notée qu’une entreprise qui développe des voitures électriques, investit massivement dans la réduction des émissions et innove sur des chaînes d’énergie propres.
Ce n’est pas une anecdote isolée : c’est la conséquence de méthodologies mal conçues, partiales, et souvent orientées vers le “signal” plutôt que la “substance”. La conséquence est que le label ESG ne garantit rien de ce que vous pensez qu’il garantit.
Greenwashing institutionnalisé : les chiffres ne mentent pas
Quand on parle de greenwashing, on parle d’abord d’un phénomène reconnu par la recherche. Le greenwashing consiste à faire paraître un produit ou une entreprise plus durable qu’elle ne l’est réalité. Ce n’est pas une simple publicité trompeuse : dans le contexte financier, cela implique des fonds, des indices et des produits d’investissement.
Une étude récente sur les fonds dits “ESG” révèle que ces fonds facturent en moyenne des frais ~9 % plus élevés que des fonds non ESG, malgré une composition de portefeuille très similaire et, dans de nombreux cas, des pratiques de greenwashing significatives. SSRN
Ce que cela signifie concrètement : vous payez plus pour moins de clarté, souvent sans réel bénéfice environnemental ou social.
Où sont les preuves empiriques ?
Ce n’est pas juste mon expérience : la recherche académique conforte ces critiques :
Des études montrent que les notations ESG deviennent des outils de communication plutôt que des outils de mesure. Wikipédia
D’autres indiquent que les entreprises très notées peuvent être celles qui maîtrisent le mieux le récit public plutôt que celles qui ont les meilleurs résultats réels. ScienceDirect
Une enquête internationale de journalistes a montré que certains fonds “verts” détiennent des milliards dans des majors du pétrole et du gaz, malgré leur étiquette “sustainable”. The Guardian
Coûts plus élevés, bénéfices incertains
Une critique centrale que j’ai observée en interne est que les produits durables coûtent souvent plus cher que les produits classiques, sans offrir une différenciation significative en termes de composition ou de rendement.
Regardez ce que font certains fonds ESG :
Ils facturent des frais de gestion plus élevés que des fonds traditionnels comparables. SSRN
Ils attirent des flux accrus grâce à l’étiquette “durable”, même si la seule différence est marketing plutôt qu’une stratégie d’investissement fondamentalement différente.
La logique commerciale est simple : un label vert justifie des frais supérieurs, même si l’économie sous‑jacente est identique. C’est une forme de monétisation de l’aspiration collective à sauver la planète.
Le rôle de la politique et des grandes institutions
Le débat autour de l’ESG est aussi profondément politique. Contrairement à ce que beaucoup imaginent, l’ESG n’est pas une science objective et neutre.
Les scores et les méthodologies sont eux‑mêmes influencés par des normes réglementaires, des pressions politiques et des intérêts institutionnels. Wikipédia
Certains dénoncent l’utilisation des critères ESG comme un levier pour imposer des normes sociales et environnementales sans cadre démocratique clair, notamment dans les décisions d’investissement des grandes institutions financières. Wikipédia
Autrement dit, ce que vous achetez lorsque vous investissez dans un produit ESG n’est pas juste une stratégie financière : c’est une construction politique autant qu’économique.

Au final, les notations ESG s'achètent et sont à la tête du client
Les décisions d’investissement ne sont pas neutres
L’ESG est censé intégrer des valeurs, mais dans les faits :
Il peut dissuader des investissements importants dans certains secteurs clairs, comme les industries de défense en Europe, avec des conséquences géopolitiques. Wikipédia
Il crée une perception trompeuse selon laquelle les entreprises bien notées sont “meilleures” pour la planète, alors que cela peut être simplement un meilleur storytelling corporatif. Wikipédia
Et la performance financière dans tout ça ?
De nombreux investisseurs pensent que les fonds ESG offrent un meilleur rendement, ou qu’ils acceptent un rendement moindre pour une cause supérieure. Les données ne sont pas aussi simples.
Certaines analyses suggèrent qu’il n’y a pas d’impact clair sur le rendement ou sur les frais, lorsque l’on compare des fonds ESG à leurs homologues classiques en contrôlant les facteurs financiers. corpgov.law.harvard.edu
D’autres recherches montrent que la performance peut varier considérablement selon les marchés et les périodes, avec des corrélations parfois positives, parfois neutres. McKinsey & Company
La conclusion ici est simple : l’avantage financier de l’ESG n’est pas garanti, et certains fonds ESG ne sont pas du tout construits pour maximiser ni l’impact, ni la performance.
Comment éviter de se faire avoir
Si vous souhaitez investir de manière durable sans tomber dans le piège du greenwashing, voici quelques recommandations concrètes :
1) Ne vous fiez pas à un label
Un produit avec “durable”, “responsable” ou “ESG” dans le nom n’est pas automatiquement meilleur.
Vérifiez la composition réelle du portefeuille.
2) Comparez les frais
Un fonds qui coûte plus cher doit avoir une valeur ajoutée claire. Si les portefeuilles sont similaires, pourquoi payer plus ?
3) Analysez les méthodologies
Regardez qui a attribué la note ESG, comment, et avec quelles données. Les scores ne sont pas standardisés.
4) Questionnez l’impact réel
Un score élevé ne garantit ni une réduction d’émissions, ni une meilleure condition sociale.
Pourquoi je préfère la durabilité tangible
Dans le monde de l’investissement, la durabilité ne doit pas être un slogan : elle doit être mesurable, directe, et liée à des actifs réels.
Prenez l’immobilier par exemple :
Un bien bien situé génère un revenu locatif stable,
il répond à un besoin concret de logement,
il participe à l’économie réelle,
et il peut intégrer des standards énergétiques élevés : isolation, chauffage performant, gestion des déchets.
Ce ne sont pas des promesses abstraites : ce sont des résultats mesurables, visibles et vérifiables.
Conclusion
Les critères ESG et les fonds “durables” ont un rôle potentiel positif à jouer dans la transition vers une économie plus responsable.
Mais aujourd’hui, ils sont souvent utilisés comme instruments de marketing plus que comme des outils d’impact réel.
Ils sont imprégnés de politique, de subjectivité, de méthodes opaques, et parfois de greenwashing pur et simple. Alors avant de payer plus pour un produit “durable”, demandez‑vous :
Est‑ce que cela change vraiment le monde ?
Ou est‑ce que cela rend l’étiquette plus jolie dans votre brochure d’investissement ?
Si vous souhaitez un investissement tangible qui n'est pas manipulé par ses critères et surtout qui ne vous facture pas des frais exorbitant, je vous invite à rejoindre la communauté Terys. Regardez cette vidéo pour en savoir plus:
Cliquez ici pour rejoindre la communauté Terys et avoir accès à tous nos avantages: