L’histoire commence comme nombre de beaux projets : une société zurichoise vante aux investisseurs un concept séduisant, à savoir investir dans des arbres, dans la nature, dans une plantation, « green », durable. Vous imaginez des tecks, des eucalytpus ou des balsas plantés quelque part au Brésil, une croissance verte, une belle promesse d’avenir. L’idée d'être à la fois actif dans la transition écologique et obtenir un rendement élevé marche. Malheureusement, dans le cas de ShareWood, ce rêve s’est transformé en une fable coûteuse pour des centaines voire des milliers d’investisseurs. Il y a des leçons à tirer de cette faillite.
Le concept : arbres + rendement + « durable »
La société ShareWood Switzerland AG avait pour objet déclaré « le achat et l'exploitation durable de plantations agricoles et forestières, l'exploitation de forêts, la revente de plantations et de peuplements d’arbres, le commerce de bois et la valorisation de produits forestiers et ligneux ».
En clair : vous investissiez dans l’achat d’arbres (teck, balsa ou eucalyptus) souvent dans des pays comme le Brésil, et la promesse faite était la suivante : vous achetez un arbre ou un lot d’arbres, vous attendez un certain nombre d’années (10, 15, parfois 20), puis la récolte ou la revente génère un rendement, que la société prend en charge. Les arguments de vente : rendement élevé (jusqu’à 12 % par an), plus l’image « green » de l’investissement responsable.
Le marketing y allait fort : « investissez dans la nature », « contribuez à l’écologie», tout en obtenant un bon retour. On entendait souvent : « vos arbres poussent pendant que vous dormez, et vous toucherez votre rendement plus tard ». Cette fusion de la belle image « green» et du rendement élevé a séduit. Mais celle‑ci cachait des fragilités.

Plantation de tecks, un des arbres principaux mis en avant par Sharewood
Ce qui s’est passé : faillite, pertes, enquête
La société a été l’objet d’une enquête pénale par le procureur du canton de Zurich pour des soupçons de fraude professionnelle en septembre 2021. Elle avait environ 3 000 investisseurs répartis entre la Suisse, l'Allemagne et l'Autriche et l’on parle d’un montant investi totalisé d’environ 100 millions de francs suisses.
En juin 2022, le tribunal de Zurich a ouvert la procédure de faillite (Konkurs) sur la société. Le 24 juin 2022, le tribunal a statué que le dossier était clos "en raison d’une absence d’actifs suffisants". Autrement dit, il ne restait quasiment rien à répartir aux créanciers et/ou investisseurs.
Pourquoi la faillite ?
- Les rendements annoncés (jusqu’à 12 %/an) étaient très beaux mais reposaient sur des calculs difficiles à vérifier, à partir d’hypothèses de revente d’arbres, de maturité, de prix du bois, de transport, de valorisation à l’export.
- L’exploitation forestière de plantations éloignées (dans l’État de Mato Grosso, Brésil) impliquait des coûts logistiques, des risques climatiques, des incertitudes de marché. certaines sources indiquent que la société avait déjà dû comptabiliser une perte de 12 millions pour le bois de balsa, qui ne pouvait pas être vendu.
- Les commissions de vente et la structure de distribution semblaient élevées. Le modèle ressembla plus à une collecte de capitaux qu’à une exploitation forestière rigoureuse.
- Enfin, la société ne disposait plus de suffisamment d’actifs pour couvrir les créances et obligations, d’où la décision de la procédure de faillite.
Les conséquences pour les investisseurs
Le tableau est clair : des milliers de personnes ont perdu tout ou partie de leur investissement. Dans certains cas, la totalité. Le montant est d’environ 100 millions de francs suisses collectés. On ne sait pas encore ce que chaque investisseur va récupérer, voire s’il va récupérer quelque chose. Selon l’enquête, seulement 200’000 francs ont pu être saisis comme actifs dans certaines affaires.
Autrement dit : non seulement les promesses n’ont pas été tenues, mais l’investisseur se retrouve confronté à un risque de perte totale. La réalité était autrement plus prosaïque que l’image séduisante.
Le bilan
- Investisseurs concernés : environ 3 000 personnes.
- Montant total investi : ~100 millions CHF.
- Rendement annoncé : jusqu’à 12 % par an.
- Perte potentielle : une large majorité, voire quasiment la totalité.
- Statut : faillite déclarée, société liquidée.
Cette affaire est une alerte importante pour tout investisseur, en Suisse ou ailleurs.

La société avait son siège dans une somptueuse demeure aux abords du Lac de Zürich. Comment payaient-ils le loyer ?
Quelles leçons pour l’investisseur immobilier ou financier ?
À travers ce cas‑extrême mais révélateur, plusieurs principes importants se dégagent. Chez Terys nous insistons sur ces éléments car ils sont directement transposables à l’investissement immobilier participatif, où, même s’il s’agit d’un modèle moins exotique que des arbres au Brésil, quelques pièges peuvent exister.
1. Méfiez‑vous des rendements très élevés «facilement» annoncés
Quand une offre promet 10 %, 12 % ou plus sans que l’on comprenne vraiment comment ces rendements sont générés, il faut s’interroger. Dans le cas de ShareWood, les 12 %/an reposaient sur des hypothèses de croissance du bois, de valorisation à long terme, de vente possible dans un marché incertain.
Dans l’immobilier, proposer 10 %+ net par an hors risque peut être crédible mais exige une justification solide. Si cette justification manque ou reste vague, cela constitue un signal d’alarme.
2. Plus l’investissement est «exotique», plus le risque augmente
Planter des arbres au Brésil peut paraître séduisant. Mais pour un investisseur suisse, cela introduit : distance géographique, langue, réglementation, coûts logistiques, incertitude de revente, devises étrangères, etc.
Dans l’immobilier, si l’opportunité est en Suisse, dans une ville connue, avec un promoteur réputé, le risque est plus bas que pour une offre «à l’autre bout du monde», peu connue, peu transparente.
Une règle simple : dès que l’investissement sort de l’ordinaire, investir dans ce qui est simple, compréhensible, documenté devient essentiel.
3. Attention à l’appel à l’émotion plutôt qu’à la rationalité
L’investissement dans les arbres était présenté comme «vert», «durable», «écologique». Cela crée un puissant levier émotionnel : on se sent bien d’investir dans la nature. Mais cela ne suffit pas à garantir un rendement ou une structure financière saine.
Pour tout investissement, demandes : où est le revenu concret ? Quel est le modèle de sortie ? Quelles garanties ou quels scénarios de perte sont envisagés ?
Si on vous vend un rêve avant de vous montrer des chiffres solides, prudence. Dans le cas ShareWood, l’émotion a masqué un modèle fragile.
4. Faites toujours vérifier par un professionnel juridique ou fiduciaire
Dans le cas de ShareWood, un point clé : dans les documents contractuels figurait une clause disant que l’investissement est remboursé après 10 ou 15 ans, «à condition que la société ne fasse pas faillite». Autrement dit, l’investisseur ne prêtait pas simplement à un projet bois, mais dépendait directement de la solvabilité de l’émetteur. Le «small print» (le texte écrit en tout petit) contenait un risque énorme.
Avant d’engager des fonds :
- faites vérifier le contrat par un avocat spécialisé en droit financier ou un fiduciaire indépendant.
- demandez à voir les «scénarios à l’envers» : que se passe‑t‑il si les arbres ne sont pas vendus ? Si les coûts augmentent ?
- exigez une transparence sur la structure de l’investissement, sur la séparation des fonds, sur les garanties éventuelles.
Dans l’immobilier participatif, même s’il s’agit d’un modèle plus «classique», la même rigueur s’impose : comprendre le véhicule d’investissement, les frais, les conditions de sortie, le niveau de reporting.
Pourquoi cette affaire nous concerne chez Terys ?
Chez Terys, nous militons pour démocratiser l’investissement immobilier en Suisse. Nous croyons que l’immobilier est l’un des meilleurs investissements : appréciation stable, revenus passifs, meilleure visibilité que beaucoup d’autres actifs. Mais cela ne veut pas dire que tout ce qui est «investissement» est bon.
Le cas ShareWood nous rappelle que l’innovation, la promesse «verte», ou l’«exotisme» ne sont pas synonymes de sécurité. Un projet immobilier peut aussi paraître séduisant mais comporter des risques cachés.
Nos offres (à partir de 5 000 CHF) sont structurées de manière simple, transparente et axée sur l’immobilier résidentiel ou d’entreprise en Suisse. Nous évitons les promesses irréalistes. Mais cela ne dispense jamais de faire preuve d’esprit critique.
En résumé : les signaux d’alerte que vous devez repérer
- Rendements annoncés très élevés sans détail crédible.
- Investissement dans des actifs exotiques, à l’étranger, peu familiers.
- Marketing basé sur l’émotion («vert», «durable», «révolutionnaire») plutôt que sur des chiffres.
- Contrats comportant des clauses «à condition que…» ou «si la société ne fait pas faillite».
- Absence de separabilité entre l’actif réel (arbres, biens immobiliers, etc) et la solvabilité de l’émetteur.
- Manque de contrôle indépendant, de reporting clair ou de structure de sortie définie.
Si vous détectez un ou plusieurs de ces signaux, posez des questions : Qui garde l’actif ? Quelles sont les garanties ? Quelle est la procédure de revente ou de sortie ? Quel est le risque maximal ? Ai‑je bien compris que je dépends de la société pour être remboursé ?
Conclusion
L’affaire ShareWood est un cas emblématique : une promesse séduisante (investissement dans des arbres, rendement élevé, écologique) qui s’est soldée par un effondrement. Les investisseurs ont perdu gros. Pour toute offre d’investissement, et a fortiori dans l’immobilier, la vigilance est de mise. Le projet «vert» ou «innovant» ne doit pas faire oublier la base : un modèle financier crédible, des flux de revenus compréhensibles, une structure juridique saine, une transparence totale.
Prêt à construire votre patrimoine grâce à un vrai investissement tangible en Suisse ? Si c'est le cas je vous invite à rejoindre la communauté Terys. Regardez cette vidéo pour en savoir plus:
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